Le Duc : Peut-on mourir d'aimer Césario ?   Viola : Je ne sais pas, mais, au bout, je le saurais.   [3>4 oct.]
Louise : le supermarché, tu l'aimes ou tu le braques!  [1>2 fév.]
Théo : Qu'est ce que tu dis Tonton ?    Mortin : Des choses pour les enfants mon ange.   [9>19 janv.]  
Sorine : Comprenez ça, on a envie de vivre!    Dorn: C'est de la frivolité.   [11>13 déc.]
Anni : Faut être satisfait. (un temps). L'insatisfaction est une maladie, c'est ce qu'on dit.   [14>18 nov.]
CDN Thionville-Loraine Jean Bolliot
  • COURT TOUJOURS 2012
  • LA NUIT DES ROIS
  • HAUTE-AUTRICHE
  • THE SECOND WOMAN
  • LA MOUETTE
  • THEO OU LE TEMPS NEUF
  • LOST IN THE SUPERMARKET
  • LE COMBAT DU SIECLE
  • MANQUE
  • CONTREBANDE /
    FESTIVAL FRONTIERE
  • LES ENFANTS
  • ET LA NUIT
    SERA CALME
  • LES
    PORTE-CROIX

L'école des bouffons

« Du bois, de la toile et c'est le départ vers l'infini.... »

> CRÉATION | Théâtre en Bois | Mai'05 | Lu 9 et Ma 10 à 20h30

bouffons1.jpg" style="border: 0px solid black; width: 400px; height: 200px" alt="bouffons1.jpg" />

Pour sa neuvième édition, Passages, festival des théâtres de l'est de l'Europe, nous offre la chance de découvrir la toute dernière création d'une jeune troupe remarquée en Russie, il y a quatre ans déjà, par un critique aussi exigeant que Jean-Pierre Thibaudat. Celui-ci, à l'occasion du précédent spectacle d' A. R. T. O., salua «le premier spectacle russe que l'on peut qualifier de wilsonien, avec des ambiances et un nom de compagnie qui font songer au Théâtre du Radeau». Pour faire ainsi référence à Bob Wilson et à François Tanguy, il faut que Thibaudat ait été frappé par une certaine qualité d'onirisme, par l'exigence plastique et rythmique, par la puissance muette des présences en scène : la suite de son article mentionne en effet des «masques étranges», puis «des soldats à bande Velpeau, des aveugles, des caisses que l'on traîne [...] une parade de bal(l)ades tristes, inspirée des tableaux de Bosch et de Bruegel». Ce théâtre-là, on le devine, vise moins à donner chair à une œuvre préexistante, dans un esprit stanislavskien, qu'à «dérouler le spectacle» (pour citer A. R. T. O.) «comme un acte rituel, dans lequel le texte se fait sermon, tandis que les gestes ou les détails scéniques deviennent les éléments d'une liturgie». Les premiers pas de cette parade sauvage remontent à 1997. Cette année-là, un comédien de 23 ans, Nikolaï Rostchine, achève sa formation à la Faculté du Jeu d'Acteur de l'Académie Russe de l'Art du Théâtre (le RATI, qui a pris la succession du prestigieux GITIS). Il a pour professeur le directeur artistique du Théâtre Académique de la Jeunesse de Moscou, le RAMT. Avec quelques-uns de ses condisciples et quelques acteurs du RAMT, Rostchine fonde un collectif artistique qui prend pour nom "La Nef des Fous" et entreprend de créer le spectacle remarqué plus tard par Thibaudat, "Les Apiculteurs", d'après des tableaux de Jérôme Bosch ("La Nef des Fous", bien entendu) et de Peter Bruegel l'Ancien ("Les Apiculteurs", mais aussi "Le Dénicheur" et "La Chute d'Icare", entre autres). Chemin faisant, Rostchine et ses camarades entreprennent de forger, avec les moyens du bord, un langage théâtral qui leur permettrait de passer de la farce à la tragédie, de l'histrionisme le plus caricatural à la caractérisation psychologique la plus aiguë, en toute liberté, sans solution de continuité, au sein d'un seul et même travail. Leur recherche est sur le point d'aboutir lorsque toute l'équipe, à la suite d'un différend avec la direction artistique du théâtre, se retrouve à la rue. Quelques représentations isolées de ci-de là leur ouvrent cependant les portes d'un premier festival, où ils remportent le Prix de la Mise en Scène. Depuis, le succès du spectacle est allé sans cesse croissant, tandis que la réputation du collectif et de son jeune metteur en scène a franchi les frontières. Désormais épaulés par le Centre Théâtral Meyerhold, Rostchine et ses comédiens y ont élaboré "L'Ecole des Bouffon"s à partir d'un matériau qui n'est hétéroclite qu'en apparence. Pour l'inspiration visuelle, Bosch est à nouveau au rendez-vous, mais le public lorrain reconnaîtra également de nettes influences de Jacques Callot (1592-1635). Du côté littéraire, les membres d'Acteurs et Metteurs en scène de Théâtre Associés (dont l'acronyme, en russe, donne A. R. T. O.) ont puisé à la fois dans "L'Ecole des Bouffons", du dramaturge belge Michel de Ghelderode (1898-1963), et dans l'un des poèmes les plus populaires et les plus influents de son époque : "La Nef des Fous", que l'humaniste strasbourgeois Sébastien Brant publia en 1494 (l'année même de la naissance de Hans Sachs, autre inspiration tutélaire du spectacle). Dans sa pièce, Ghelderode raconte la dernière séance d'une sorte de master class à demi démoniaque : celle du grand bouffon Folial, à qui ses monstrueux élèves tentent d'arracher le suprême secret de son art. Cette leçon leur est finalement infligée auprès d'un vaisseau qui est un hommage explicite de Ghelderode au Narrenschiff de Brant, dont les cent douze chapitres passent en revue, sur un ton mordant et désabusé, les vices et les travers de l'espèce humaine. Mais Brant et Ghelderode ne fournissent ici qu'un matériau, un réservoir de répliques et de situations où les histrions-acteurs-bouffons puisent librement, selon l'inspiration du moment, pour étoffer leur jonglerie de gestes et de symboles - quand ils ne jouent pas des curieux instruments qu'ils ont eux-mêmes inventés pour la circonstance ! Et de même, la langue russe est moins ici une condition de compréhension qu'une couleur émotive, une façon parmi d'autres d'user des ressources de la voix. Car les atmosphères de cet univers fantastique, dans la grande tradition du théatre de tréteau, importent infiniment plus que la fable : «nous pourrions même dire», ajoutent les membres d'A. R. T. O, «que nous n'avons que faire d'un texte qui raconte et explique ce qui se passe». Tout ce que ces adeptes moscovites de l'histrionisme total vous demandent, c'est de leur donner une chance de vous faire vibrer «à travers non pas votre intelligence, mais votre peau».

bouffons2.jpg

L'ECOLE DES BOUFFONS
Collectif artistique A.R.T.O.
Mise en scène et Scénographie Nikolaï Rostchine

Dans le cadre de Passages 2005 - Festival des théâtres de l'est de l'Europe
Spectacle en langue russe surtitré en français

Avec Alexandre Komissarov, Ivan Volkov, Sergei Petchenkine, Olessia Yakovleva, Natalia Volochina, Oleg Gerassimov, Andrei Kryslov, Mikhail Gorski, Ivan Mokhovikov, Sergei Savitski, Julia Chimolina
Composition musicale Stephan Androussenko
Direction technique Sergei Danilenki, Régie plateau Andrei Veselov, Régie lumière Tioma, Régie son Philippe Tchernov

Production Centre Théâtral Meyerhold - Moscou, Centre Dramatique de Thionville-Lorraine, Théâtre de la Manufacture - CDN Nancy-Lorraine

bouffons3.jpg
[/html]