
Zugzwang & En d'autres termes
« On est tous du même moule, mais un moule en forme de quoi ? »
> Petite salle et plateau de la grande salle | Décembre'04 | Me 1er à 19h, Je et Ve 3 à 20h30, Sa 4 à 19h + 21h, Di 5 à 17h + 19h
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Présenter Transquinquennal tient de la gageure. D'un spectacle, voire d'un soir à l'autre, ces quatre comédiens-là semblent s'être donné le mot pour surprendre leur public, rafraîchir son regard, éveiller ses facultés critiques, sans jamais se reposer sur leurs lauriers. Car s'il y a une équipe qui prend au sérieux des termes comme "art vivant" et "recherche", c'est bien celle-là. Mais leur but n'est certainement pas de provoquer la surprise pour elle-même. Elle n'est qu'un effet secondaire qui découle de leur horreur de toute redite et de toute banalité. Horreur qui les a conduits à prendre une précaution radicale : ne jamais monter un texte du répertoire. Rares sont les compagnies qui s'imposent, avec une rigueur qui force l'admiration, une aussi stricte discipline au service du théâtre d'aujourd'hui : depuis la fondation de Transquinquennal, il y a plus de dix ans, tous leurs spectacles, sans exception, ont été des créations d'oeuvres contemporaines. Qu'il s'agisse de leurs propres textes ou de ceux d'autrui, les quatre membres de ce collectif théâtral bruxellois font preuve dans leurs mises en scène de qualités d'intelligence, d'esprit et de probité dont la constance n'a d'égale que la stupéfiante diversité de formes qu'elles engendrent. Tous leurs paris créatifs reposent sur le choix d'une contrainte, dont il leur appartient ensuite d'assumer toutes les conséquences. Leur dernière création ne fait pas exception à la règle. En d'autres termes repose en effet, du moins à son origine, sur une certaine obligation, posée comme cadre de recherche : qu'arrive-t-il à un comédien quand on tire de sous ses pieds le tapis des mots ? Le résultat n’est ni un spectacle silencieux, ni une expérience de mime ou de chorégraphie. Qu'est-ce donc qu'En d'autres termes ? Quelque chose qui ne prendra tout son sens qu'en votre présence, c'est-à-dire du théâtre au meilleur sens du terme. Cette nécessité de la dimension collective, ce rôle irremplaçable du spectateur, sont tout aussi manifestes dans Zugzwang, sans doute à ce jour le plus grand succès public et critique de Transquinquennal, qui leur valut en 2002 le Prix du Meilleur Auteur, décerné par la SACD belge. Mais comme Zugzwang, qui constitue au reste une excellente (et très divertissante) introduction à leur pratique, est également fondé sur quelques règles dont il est aussi délicat de parler que leur découverte est passionnante, on se bornera à dire ici que Zugzwang et En d'autres termes sont l'un et l'autre des spectacles superbes. Que tous deux traitent entre autres de notre croyance aux récits et à la photographie. Qu’il y est question, aussi, de nos existences anonymes. Et que les spectateurs de Thionville seront les premiers à avoir la chance de pouvoir voir ensemble, s’ils le souhaitent, deux créations qui rétrospectivement paraissent être comme deux sœurs, faites pour s’éclairer et s’enrichir l’une l’autre.
ZUGZWANG / EN D’AUTRES TERMES
Cie TranSquinquennal
Interprétation et mise en scène : Bernard Breuse, Miguel Decleire, Stéphane Olivier, Pierre Sartenaer

ZUGZWANG :
Création sonore : Irvic d’Olivier
Photographie : Lydie Nesvadba
Costumes : Lies Van Assche
Technique : Sébastien Courtoy, Marc Defrise, Christophe Lagneaux

EN D’AUTRES TERMES :
Son : Raymond Delepierre
Conception et réalisation du robot : Triline sa. (Walter Gonzalez)
Constructions Olivier Waterkeyn
Création lumière : Ivan Fox, Christophe Lagneaux, Transquinquennal
Impressions images : Agnes Bewer
Technique : Sébastien Courtoy, Ivan Fox, Christophe Lagneaux, Thomas Hermignies
Une création de Transquinquennal en coproduction avec le Théâtre Les Tanneurs, avec l’aide du Ministère de la Communauté française Wallonie-Bruxelles et le soutien de l’Agence Wallonie-Bruxelles Théâtre.
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Présenter Transquinquennal tient de la gageure. D'un spectacle, voire d'un soir à l'autre, ces quatre comédiens-là semblent s'être donné le mot pour surprendre leur public, rafraîchir son regard, éveiller ses facultés critiques, sans jamais se reposer sur leurs lauriers. Car s'il y a une équipe qui prend au sérieux des termes comme "art vivant" et "recherche", c'est bien celle-là. Mais leur but n'est certainement pas de provoquer la surprise pour elle-même. Elle n'est qu'un effet secondaire qui découle de leur horreur de toute redite et de toute banalité. Horreur qui les a conduits à prendre une précaution radicale : ne jamais monter un texte du répertoire. Rares sont les compagnies qui s'imposent, avec une rigueur qui force l'admiration, une aussi stricte discipline au service du théâtre d'aujourd'hui : depuis la fondation de Transquinquennal, il y a plus de dix ans, tous leurs spectacles, sans exception, ont été des créations d'oeuvres contemporaines. Qu'il s'agisse de leurs propres textes ou de ceux d'autrui, les quatre membres de ce collectif théâtral bruxellois font preuve dans leurs mises en scène de qualités d'intelligence, d'esprit et de probité dont la constance n'a d'égale que la stupéfiante diversité de formes qu'elles engendrent. Tous leurs paris créatifs reposent sur le choix d'une contrainte, dont il leur appartient ensuite d'assumer toutes les conséquences. Leur dernière création ne fait pas exception à la règle. En d'autres termes repose en effet, du moins à son origine, sur une certaine obligation, posée comme cadre de recherche : qu'arrive-t-il à un comédien quand on tire de sous ses pieds le tapis des mots ? Le résultat n’est ni un spectacle silencieux, ni une expérience de mime ou de chorégraphie. Qu'est-ce donc qu'En d'autres termes ? Quelque chose qui ne prendra tout son sens qu'en votre présence, c'est-à-dire du théâtre au meilleur sens du terme. Cette nécessité de la dimension collective, ce rôle irremplaçable du spectateur, sont tout aussi manifestes dans Zugzwang, sans doute à ce jour le plus grand succès public et critique de Transquinquennal, qui leur valut en 2002 le Prix du Meilleur Auteur, décerné par la SACD belge. Mais comme Zugzwang, qui constitue au reste une excellente (et très divertissante) introduction à leur pratique, est également fondé sur quelques règles dont il est aussi délicat de parler que leur découverte est passionnante, on se bornera à dire ici que Zugzwang et En d'autres termes sont l'un et l'autre des spectacles superbes. Que tous deux traitent entre autres de notre croyance aux récits et à la photographie. Qu’il y est question, aussi, de nos existences anonymes. Et que les spectateurs de Thionville seront les premiers à avoir la chance de pouvoir voir ensemble, s’ils le souhaitent, deux créations qui rétrospectivement paraissent être comme deux sœurs, faites pour s’éclairer et s’enrichir l’une l’autre.
ZUGZWANG / EN D’AUTRES TERMES
Cie TranSquinquennal
Interprétation et mise en scène : Bernard Breuse, Miguel Decleire, Stéphane Olivier, Pierre Sartenaer

ZUGZWANG :
Création sonore : Irvic d’Olivier
Photographie : Lydie Nesvadba
Costumes : Lies Van Assche
Technique : Sébastien Courtoy, Marc Defrise, Christophe Lagneaux

EN D’AUTRES TERMES :
Son : Raymond Delepierre
Conception et réalisation du robot : Triline sa. (Walter Gonzalez)
Constructions Olivier Waterkeyn
Création lumière : Ivan Fox, Christophe Lagneaux, Transquinquennal
Impressions images : Agnes Bewer
Technique : Sébastien Courtoy, Ivan Fox, Christophe Lagneaux, Thomas Hermignies
Une création de Transquinquennal en coproduction avec le Théâtre Les Tanneurs, avec l’aide du Ministère de la Communauté française Wallonie-Bruxelles et le soutien de l’Agence Wallonie-Bruxelles Théâtre.
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