Le Duc : Peut-on mourir d'aimer Césario ?   Viola : Je ne sais pas, mais, au bout, je le saurais.   [3>4 oct.]
Louise : le supermarché, tu l'aimes ou tu le braques!  [1>2 fév.]
Théo : Qu'est ce que tu dis Tonton ?    Mortin : Des choses pour les enfants mon ange.   [9>19 janv.]  
Sorine : Comprenez ça, on a envie de vivre!    Dorn: C'est de la frivolité.   [11>13 déc.]
Anni : Faut être satisfait. (un temps). L'insatisfaction est une maladie, c'est ce qu'on dit.   [14>18 nov.]
CDN Thionville-Loraine Jean Bolliot
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Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas

« ... mon chez-moi où je creuse ma tombe avec mon stylo, comme un forçat qu'on siffle tous les jours pour qu'il enfonce toujours plus profondément sa pelle... »

> Petite Salle | Novembre'05 | Ma 15 à 20h, Me 16 à 19h, Je 17, Ve 18 et Sa 19 à 20h

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Théâtre : quelque chose a été ressenti, pensé – si douloureusement parfois -, conçu et fixé dans une forme d’écriture. Quelqu’un d’autre a souhaité le faire vivre sur un plateau. Rencontre. Nous en sommes les témoins aux réactions si diverses, les uns touchés par la représentation dans toutes ses composantes, les autres bouleversés par le message ou d’autres encore davantage sensibles à sa traduction scénique. Il en va bien ainsi, l’éventail des commentaires suscités le prouve, pour "Kaddish".

Imre Kertész, juif hongrois né en 1929, Prix Nobel de littérature 2002, est un rescapé d’Auschwitz et de Buchenwald. Sa terrible conclusion, opposée au point de vue habituel : «ce qui est véritablement irrationnel, ce n’est pas le mal, c’est le bien».

Le premier mot de "Kaddish" : «non !» Non, il ne pourra répondre au désir de la femme aimée : «Non ! – Je ne pourrais jamais être le père, le destin, le dieu d’un autre être.»  Et de dire le «kaddish (la prière juive pour les morts) pour l’enfant qui ne naîtra pas» !

Et de s’interroger sur sa judéité – «cet état désagréable et pas très compréhensible, qui peut représenter de temps en temps un danger de mort relatif» –, sur son si pénible sentiment d’altérité – il en est «malade» –, sur l’engrenage totalitaire, sur l’indispensable travail – «creuser, continuer et finir de creuser cette tombe que d’autres ont commencé à creuser pour moi dans les nuages, dans les vents, dans le néant, avec [sa] plume comme une pelle». Avec un humour, si noir parfois, surprenant, qui n’est jamais absent.

Joël Jouanneau s’est fait discret dans la transposition scénique de ce texte, l’inscrivant dans un décor simple : une lampe, une table de bureau, deux chaises. Lui qui aime tant les adaptations, cette «appropriation de la langue d’un autre», a procédé, avec son ami le philosophe Jean Launay, à des coupes dans un texte qui faisait six heures, des coupes non thématiques, soucieux plutôt de respecter ce «tissu musical d’une grande complexité».

Jean-Quentin Châtelain, tout de présence tellurique, donne vie à des mots qui semblent littéralement émaner de lui, avec une voix si étrange, dans une diction, une intonation, un débit particuliers. La presse l’a dit miracle de ce moment théâtral, comédien hors normes, magistral, massif, intense, exceptionnel.
Il a réussi son défi : s’approcher au plus près de l’indicible et le transmettre.

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KADDISH POUR L’ENFANT QUI NE NAITRA PAS
De Imre Kertész
Théâtre-récit par Jean-Quentin Châtelain et Joël Jouanneau


Avec Jean-Quentin Châtelain
Traduction Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba (Ed. Actes Sud)
Avec la collaboration artistique de Jacques Gabel, Juliette Heymann, Jean Launay, Franck Thévenon

Coproduction L’Eldorado, Théâtre Vidy-Lausanne, Théâtre Ouvert

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